L'activité
de la chamoiserie est fort ancienne : Un premier manuscrit (datant de
1285) mentionne le commerce des "peaux de boeuf, de vache, de
belin, vertes ou sèches..."
Son
développement coïnciderait avec la colonisation du Canada
en 1608 ...d'où étaient importées,...par le port
sur la "rivière de Saivre", ...des peaux d'élans
en échange de l'achat par les habitants de la Nouvelle France
de grosses étoffes de laines... "la ville de Niort estoit
fort riche et d'un grand commerce".
En 1698, l'intendant de
Poitiers affirme à propos de Niort que "le commerce
principal des habitants de la ville consiste dans la manufacture de
chamois". Dans un autre texte de 1693, les chamoiseurs niortais
ont la réputation d"'être les meilleurs du
royaume"
En 1744, on dénombre à Niort 47
maîtres chamoiseurs. La manufacture consistait en une multitude
de petits ateliers concurrents.
En 1763, le traité de Paris fait perdre le Canada à la France. Une longue période de marasme frappe le commerce et l'industrie niortais.
Néanmoins,
vers 1765, lors d'un voyage en Angleterre, un certain Thomas Jean
Main, fils d'un modeste chamoiseur, découvre le secret de la
qualité des chamoiseries anglaises fines, souples et
résistantes : c'est la pierre ponce. Cette technique employée
dans sa fabrique donne un nouvel élan à la production
niortaise. En 1789, on compte dans la ville, 286 ouvriers chamoiseurs
ou gantiers et 1050 femmes et enfants employés à la
couture des gants et des culottes de peau.
L'invention du moteur
électrique, dans la deuxième moitié du XIXème
siècle, donne un nouveau souffle à l'activité
qui se ralentissait alors.
L'industrie traversera vaillamment les
crise du XXème siècle. En 1939, parmi les 7 maisons
niortaises, la maison Boinot assurait 55 % de la production.
Depuis
la crise des années 70, l'activité ne cessa de
péricliter pour s'évanouir discrètement (trop
?), vers la fin des années 1990.
Données extraites du livre "Histoire de Niort" - Projets Editions - coll Histoire des villes - dir J Combes - 1987